Info ou Intox ? Emmanuel Macron dépénalise-t-il le viol ?

Quelques jours avant que ne soit votée la loi européenne du 13 février 2024 sur les violences faites aux femmes, le député européen français Raphaël Glucksmann, a posté sur Instagram un message pour inciter les gens à se mobiliser contre le refus de plusieurs pays de l’UE, dont la France, d’inscrire le viol dans cette directive.

Les réseaux sociaux se sont alors enflammés avec de nombreux repost et commentaires contre le président Macron, l’accusant entre autres choses, de dépénaliser le viol. Cependant, cette information est totalement fausse.

Si la France (comme d’autres pays, dont l’Allemagne) a effectivement refusé d’inclure le viol dans cette   première loi de l’Union européenne sur les violences faites aux femmes, le viol est toujours considéré comme un crime en France et est passible d’au moins quinze ans de prison.

La France explique ce refus, notamment par le fait que le viol est un crime qui doit être traité à l’échelle nationale et pas à celle de l’Union européenne comme le sont d’autres crimes, qualifiés d’« euro-crimes » (corruption, exploitation sexuelle, terrorisme, etc.).

De plus, la définition du viol  telle que prévue par l’UE impliquait  la notion de consentement, ce dont la France ne veut pas dans sa propre définition. Actuellement, ce crime se définit en France comme « tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu’il soit, ou tout acte bucco-génital commis (…) par violence, contrainte, menace ou surprise ». Etablir une définition comprenant la notion de consentement reviendrait donc à modifier la loi française (les lois votées à l’échelle européenne devant ensuite être inscrites dans le droit français). Loi  qui, selon le camp du président, serait alors moins précise et protectrice que celle en place actuellement et pourrait aboutir à une ‘’contractualisation ‘’ des rapports intimes entre partenaires (comment prouver le consentement donné ? Par un document écrit ?… Comme dans certaines dérives vécues aux Etats-Unis.).

Manon, élève de 1ère, février 2024