Exposition au Grenier à Sel : art, intelligence artificielle et défense de l’environnement !

« Le Grenier à Sel », centre d’art avignonnais, a  présenté jusqu’au 17 janvier 2024 l’exposition « Les symptômes du vivant », premier volet d’un triptyque qui traite de la question environnementale par le biais de l’intelligence artificielle. Nous avons pu rencontrer et questionner à l’occasion de cette exposition une médiatrice travaillant au « Grenier à sel », avec qui nous avons pu discuter de la place de l’intelligence artificielle dans l’art et plus généralement dans  la défense de l’environnement.

L’exposition « Les symptômes du vivant » réunit treize artistes, invités à livrer leur regard sur le monde végétal, sous le commissariat de Véronique Baton. Qu’ils en fassent l’éloge ou qu’ils nous sensibilisent sur l’altération des écosystèmes, ils ont en commun de recourir aux nouvelles technologies et à l’intelligence artificielle afin d’apporter une réflexion sur la nature et le végétal. Cette exposition nous invite ainsi à repenser à notre relation fondamentale avec la nature qui devient de plus en plus virtuelle ou artificielle. Quelques rencontres ont été organisées avec des étudiants, la thématique étant de plus en plus importante de nos jours et un enjeu crucial pour notre société : Miguel Chevalier, un des treize artistes exposés ainsi rencontré de nombreux élèves du lycée Théodore Aubanel. Il a ainsi pu parler de l’évolution de son travail, de ses différentes œuvres, comment est-il arrivé autour de ce thème : ‘’Nature et artifice’’.

Un des artistes propose notamment une installation avec des souches de bois qui bougent à mesure que la déforestation s’accroît. L’aspect visuel et le fait que l’œuvre soit en mouvement permet de se rendre compte plus directement de l’impact de la déforestation qu’avec simplement des données numériques. On observe également des œuvres réalisées à partir de planches d’herbier, œuvres d’un artiste dont le pseudonyme a été lui-même généré par une intelligence artificielle, Aurèce Vettier : summum d’une approche hybride.

Les intelligences artificielles ont-elles leur place au sein de l’art et de la défense pour l’environnement ? Pour l’équipe du « Grenier à sel, » « l’intelligence artificielle est une nouvelle source d’inspiration, un nouvel outil » et ne peut être que bénéfique à partir du moment où il y a un réel procédé artistique derrière, que demeure « une intervention de l’artiste ». Ainsi Aurèce Vettier, s’il reproduit ce qui a été généré par une intelligence artificielle, choisit les couleurs, la disposition ainsi que le tableau et le cadre de son œuvre. Elle compare l’intelligence artificielle avec le développement de la photographie, quand, au moment de son invention, un photographe n’était pas considéré comme artiste. Elle ajoute : « dans une trentaine d’années, on ne pensera même plus à imaginer qu’un artiste qui utilise l’intelligence artificielle n’est pas un artiste ! » L’intelligence artificielle, menace ou chance ? L’équipe du « Grenier à sel » a tranché.

Anna, Margot et Zoé, élèves de 1ère, février 2024